Contexte et justification du projet ENAMC

La culture est devenue aujourd’hui un secteur économiquement viable à forte valeur ajoutée. Ainsi, grâce à la libéralisation de la radio et de la télévision et à la commercialisation, la marge de progression du secteur de la culture à l’échelle mondiale serait de l’ordre de 10%, c’est-à-dire beaucoup plus élevée que dans d’autres secteurs industriels et commerciaux.

Le Sénégal, depuis son accession à la souveraineté internationale, a toujours exprimé la volonté de penser et de réaliser son développement économique et social à la lumière de préalables et de finalités culturels.

Le Sénégal regorge d’expressions culturelles diverses. La diversité culturelle est une caractéristique inhérente à l’humanité, elle constitue un patrimoine commun de l’humanité et crée un monde riche et varié qui élargit les choix possibles, nourrit les capacités et les valeurs humaines. Le président-poète Léopold Sédar SENGHOR avait l’habitude de dire que la culture est au début et à la fin de tout développement. Dès le début des indépendances africaines, il a choisi de faire de la culture le levier de son orientation politique.

La culture occupe une place suffisamment éminente dans les stratégies de développement économique et sociale de l’Etat sénégalais, avec notamment la mise en relief dans le PSE, du capital humain comme élément de productivité. Cette démarche conceptuelle induit dans le cadre culturel, l’existence d’un système éducatif comportant une vision de la formation technique et professionnelle viable. Suivant cette stratégie d’émergence,  l’ENAMC offrira des curricula capables d’instruire de futurs créateurs qui sont aptes à accroitre le volume et la qualité de la production artistique et culturelle, en induisant des enseignements en lien avec le concept des industries culturelles et créatives. Ce, pour être en phase avec les orientations dans le domaine de l’éducation et de la formation recommandées dans l’axe 2 : Capital humain, protection sociale et développement durable du PSE, en son point V : «  promouvoir la formation professionnelle orientée vers le marché de l’emploi, à travers le développement et la décentralisation des opportunités de formation professionnelle et continue, la validation des acquis de l’expérience, la diversification des filières de formation, la construction, la réhabilitation et l’équipement de lycées et de centres de formation professionnelle et technique, la régulation des flux de la demande et l’adaptation de l’offre de formation professionnelle ».

Le secteur de la Culture peut se prévaloir d’atouts certains. Ainsi, on peut relever:

  • une tradition de création et de gestion d’établissements, d’entreprises et d’industries culturelles des secteurs public et parapublic : l’université des Mutants, le Théâtre national Daniel SORANO, les Manufactures sénégalaises des Arts décoratifs, les Nouvelles Editions Africaines… ;
  • le 1er Festival mondial des Arts nègres ;
  • l’existence d’une entité en charge du Droit d’ Auteur et des droits voisins apte à contribuer à la définition d’un nouvel environnement juridique ;
  • les textes réglementaires relatifs au secteur ;
  • l’existence de structures-relais, les centres culturels régionaux, susceptibles, après les réformes nécessaires, de prendre en charge la poursuite des objectifs de la Décentralisation culturelle ;
  • un agenda culturel, nouveau cadre de coopération entre le Ministère de la Culture, d’une part, et, d’autre part, les Départements et Communes;

Le Ministère de la Culture et de la Communication, dans le cadre de la politique définie au niveau national, s’est fixé comme troisième axe prioritaire, de promouvoir cette diversité culturelle.

L’ENAMC va permettre de doter ce secteur d’une expertise avérée susceptible d’en faire un véritable vecteur de développement en phase avec les exigences de la mondialisation. L’Ecole Nationale des Arts et Métiers (ENAMC) organisera ses activités de formation.

Actuellement, ces filières pédagogiques réparties au niveau de trois (03) départements, ont un besoin d’équipement important pour la mise en œuvre des différentes activités pédagogiques. Dans le cadre du projet, l’école regroupera tous les départements et l’administration sera dotée d’équipements adéquats qui permettront de réaliser les activités  autour de :

  • de l’appui technique et logistique pour la formation des élèves et des formateurs.
  • du soutien à la professionnalisation des élèves sortants.
  • de l’évaluation des méthodes et techniques de formation.

Le monde des arts et de la culture connaît aujourd’hui des mutations sans précédent avec l’internationalisation croissante des échanges artistiques, essor de l’industrie des loisirs, du développement de nouvelles pratiques culturelles, et de l’ouverture aux nouvelles technologies avec un effectif permanent de l’Ecole.

L’ENAMC sera le principal outil de formation par lequel l’Etat du Sénégal assurera la promotion de la recherche pédagogique dans les domaines artistiques et culturels.

L’Ecole nationale des Arts de Dakar (ENA) est entrain aussi d’aborder un nouveau visage avec la modernisation de ses enseignements dans les métiers des Arts scéniques, dans les arts plastiques, et dans les métiers de la médiation, du management et de la gestion de projets culturels en particuliers. Les formations qui y sont dispensées apparaissent de plus en plus décalées par rapport aux exigences d’un secteur en pleine mutation.

Dans le même temps, la réforme structurelle et pédagogique de l’Ecole Nationale des Arts et Métiers de la Culture (ENAMC) est posée sur la table des autorités. Cette réforme des filières et des programmes de l’école doit s’accompagner, d’innovations pédagogiques performantes s’appuyant sur les nouvelles technologies et centrées sur l’acquisition planifiée de compétences.

La réforme attendue devra préfigurer le contenu et le schéma structurel de la nouvelle Ecole des Arts et Métiers de la Culture que le Chef de l’Etat a décidé de créer pour doter notre pays d’une institution à la hauteur de ses aspirations à une expression culturelle plurielle que nous pourrons offrir en partage au monde.

En considérant le dynamisme de nos créateurs, l’immensité des potentialités du secteur culturel et la faiblesse des ressources humaines chargées d’en faciliter l’exploitation, il est constaté l’urgence qu’il y a de définir et de mettre en œuvre une politique hardie de formation dans un environnement adéquat.

Il convient de  tirer le meilleur profit de la  richesse de la diversité culturelle du Sénégal et de la sous-région. Les besoins de formation et les offres de débouchés professionnels sont réels et prometteurs.

Une formation académique et un apprentissage de qualité dans les arts du spectacle, les arts visuels et la médiation culturelle qui :

–  fourniront aux apprenants comme aux professionnels du secteur des outils pédagogiques nécessaires à leur insertion dans le marché de l’emploi, ici et ailleurs ;

– favoriseront la participation de nouveaux publics et doteront les professionnels du secteur d’outils nécessaires à la réalisation de leurs projets culturels ; des professionnels capables de penser à la fois le développement culturel des Etats et des échanges internationaux.

Cette formation aux métiers des arts et de la culture répond parfaitement aux besoins en cadres (dirigeants d’entreprises culturelles, chargés de projets, chargés de mission etc.) exprimés par les organisations professionnelles privées du secteur, du Ministère de la culture et par les collectivités locales.

Leave a Comment

Résoudre : *
11 + 28 =